Huit jours
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23 juillet1 562 détections
Le feu est là avant le site. Les satellites comptent déjà 1 562 points chauds sur la zone.
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24 juillet3 793 détections, 200 800 MW
Le pire jour, et de loin. Une pointe à 1 574 mégawatts sur un seul
foyer, et 1 217 détections dans la seule heure de 4 h du matin.
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25 juillet1 433 détections
Le site est en ligne à 6 h 22. Une carte, les points chauds de la
NASA, le vent du modèle AROME de Météo-France, un panache calculé heure par heure,
pour répondre à une question que personne ne traitait : est-ce que la fumée
vient chez moi, et vers quelle heure ?
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26 juillet1 995 détections
Le feu repart. Le même jour, quelqu'un signale que le verrou du back-office ne
verrouillait rien. Corrigé dans la journée, et écrit noir sur blanc dans la
documentation plutôt que passé sous silence.
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27 juillet156 détections
L'accalmie, et le manque qu'elle révèle : un feu éteint ne laissait aucune
trace qu'il avait brûlé. L'archive quotidienne et la rétrospective sont écrites
cette nuit-là.
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28 juillet286 détections, pointe à 1 115 MW
Peu de points, mais très chauds : une reprise. C'est aussi le jour où la
surveillance continue entre en service, une image toutes les dix minutes au lieu de
quatre à six survols quotidiens. Le délai d'apparition d'un feu passe de près de
trois heures à une vingtaine de minutes.
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29 juillet254 détections
L'interface est réécrite pour se comprendre sans vocabulaire technique, et la
question « une flamme, est-ce un feu ? » reçoit enfin sa vraie
réponse : non.
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30 juillet50 détections, 177 MW
Dernière détection de l'épisode à 17 h 24. La puissance mesurée est
plus de mille fois inférieure à celle du 24.
Ce site n'a jamais écrit qu'un feu était fixé ou éteint, et il ne commencera pas ici.
Il dit ce que les satellites ont mesuré, et la mesure est retombée. L'état officiel
d'un incendie relève de la préfecture et du SDIS ; eux seuls font foi.
Ce qui reste en ligne
La veille satellite, elle, ne s'est jamais arrêtée. L'archive court sans
interruption depuis le 23 juillet, reprises d'août comprises, et la
rétrospective les rejoue toutes, heure par heure. Aucun chiffre de
cette page ne vient d'un souvenir : ils sont tous relus dans ce fichier-là.
L'abonnement météo, lui, n'a pas été renouvelé. Le vent, le panache de fumée, la
qualité de l'air et la pluie ne sont donc plus calculés. Restent les foyers observés
et la mémoire de ce qui a brûlé, ce qui est exactement ce à quoi ce site sert
désormais : il est en veille, plus en service.
Merci
Aux pompiers, aux agents de la sécurité civile, aux pilotes, aux
forestiers, aux gendarmes, aux agents des communes, aux bénévoles qui
ont servi des repas et ouvert des salles : cette courbe qui redescend, c'est vous
qui l'avez fait redescendre. Je n'ai fait que compter.
Merci aussi à celles et ceux qui ont suivi la carte jour et nuit, signalé mes erreurs
et écrit pour dire ce qui manquait. Une pensée pour ceux qui ont perdu une maison, un
troupeau, un bois, un métier.
Cet outil est né en une nuit, de données publiques ouvertes et d'un
travail mené avec une intelligence artificielle. Les données étaient
déjà là, gratuites, publiées par la NASA, Météo-France et le programme européen
Copernicus ; l'IA n'a fait que les rendre lisibles assez vite pour qu'elles
servent le jour même. On a montré ensemble que l'open data et l'intelligence
artificielle ne sont pas des ennemies.